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Carnet du mangeur localParis, l'Île-de-France et ce qui pousse autour

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Lire les étiquettes d'origine : ce que la loi impose et ce qui relève du marketing

Pour manger local, il faut savoir d'où vient un aliment. L'étiquette le dit parfois clairement, parfois à demi-mot. Voici ce que la loi oblige à afficher, ce que garantissent les signes officiels, et les formules à lire avec prudence.

Ce qui est obligatoire

L'origine n'est pas obligatoire pour tous les aliments, loin de là. Elle l'est pour une liste de produits précise.

  • Les fruits et légumes frais : le pays d'origine doit être indiqué, en vrac comme en barquette. Sur un marché, il figure sur l'ardoise ou l'étiquette de prix, avec la catégorie et parfois la variété.
  • La viande fraîche de bœuf : le pays de naissance, d'élevage et d'abattage doit être précisé depuis le début des années 2000. Depuis 2015, le pays d'élevage et d'abattage est aussi obligatoire pour la viande fraîche de porc, de mouton, de chèvre et de volaille.
  • Le miel : le pays de récolte doit être indiqué. En France, les mélanges de miels doivent mentionner tous les pays d'origine.
  • Les œufs : le code imprimé sur la coquille indique le mode d'élevage (de 0 pour le bio à 3 pour les poules en cage), le pays et l'élevage.
  • Le poisson : la zone de pêche ou le pays d'élevage.

Pour les produits transformés (plats préparés, biscuits, conserves), l'origine des ingrédients n'est en général pas obligatoire. Quand un fabricant met en avant une origine, par exemple un drapeau, mais que l'ingrédient principal vient d'ailleurs, il doit le préciser.

Pommes de terre nouvelles en caisse avec une ardoise de prix écrite à la craie
Sur un étal, l'origine des fruits et légumes frais doit être affichée avec le prix.

Les signes officiels d'origine et de qualité

L'État et l'Union européenne reconnaissent plusieurs signes, gérés en France par l'INAO. Ils reposent sur un cahier des charges et des contrôles.

SigneCe qu'il garantitExemple en Île-de-France
AOP (appellation d'origine protégée)Tout est fait dans une zone définie, selon un savoir-faire reconnuBrie de Meaux, brie de Melun
IGP (indication géographique protégée)Au moins une étape importante est liée à la zonePeu de produits franciliens, davantage dans les régions voisines
Label RougeUne qualité supérieure à un produit courant, sans lien obligatoire avec un lieuVolailles, viandes
Agriculture biologiqueUn mode de production sans produits chimiques de synthèseVoir les marchés bio
STG (spécialité traditionnelle garantie)Une recette ou un mode de fabrication traditionnel, sans lien avec un lieuRare en France

Seules l'AOP et l'IGP disent quelque chose de l'origine géographique. Le Label Rouge et le bio concernent la façon de produire, pas l'endroit. Le détail des logos bio est expliqué sur notre page les marchés bio de Paris.

Les marques régionales

À côté des signes officiels, les régions ont créé leurs propres marques collectives. En Île-de-France, la marque « Produit en Île-de-France » signale des produits cultivés, élevés ou transformés dans la région, selon des règles fixées par la marque. Ce n'est pas un signe officiel de qualité, mais c'est un repère utile pour le mangeur local, surtout en grande surface ou en épicerie.

Étal de fruits en bois peint en vert : pommes et oranges avec leurs prix
Les agrumes viennent toujours de loin : l'étiquette le dit, encore faut-il la lire.

Les formules à lire avec prudence

Certaines mentions ressemblent à une origine sans en être une.

  • « Fabriqué en France » ou « élaboré en France » : le produit a été transformé en France, ce qui ne dit rien de l'origine de ses ingrédients.
  • « Produit de nos régions », « de nos terroirs », « saveurs d'antan » : des formules commerciales sans définition.
  • « Fermier » : un mot encadré pour certains produits (fromages, œufs, volailles), qui ne dit rien de la distance.
  • « Local » : aucune définition légale. Un magasin peut appeler « local » un produit venu de 200 kilomètres.
  • Un drapeau ou un clocher sur l'emballage : décoratif tant qu'aucune origine n'est écrite.

Sur un marché parisien : les bons réflexes

  1. Lire l'ardoise : pays, et souvent région ou département.
  2. Se méfier de « France » seul pour un produit qui pourrait être francilien : demander la région.
  3. Repérer les stands de producteurs, qui affichent souvent le nom et la commune de leur ferme (nos repères sont dans les meilleurs marchés de Paris pour manger local).
  4. Pour les fromages, demander l'appellation exacte et l'affineur.
Cagettes de céleri branche, de tomates et de salades sur un étal de marché
Céleri, tomates et salades : une origine affichée sur chaque cagette permet de comparer.

Et dans les commerces ?

Les mêmes règles s'appliquent chez le primeur, le boucher ou à l'épicerie. Les commerçants spécialisés connaissent souvent la ferme ou la région d'où viennent leurs produits, et c'est un des intérêts de ces adresses ; nous en parlons dans au-delà du marché : épiceries et boutiques spécialisées. Pour savoir quand un produit est de saison, voyez le calendrier de saison.