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Carnet du mangeur localParis, l'Île-de-France et ce qui pousse autour

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Circuits courts à Paris : AMAP, paniers, vente à la ferme et magasins de producteurs

Le circuit court ne parle pas de kilomètres mais d'intermédiaires : au plus un entre la ferme et vous. À Paris, plusieurs formules coexistent, chacune avec ses avantages et ses contraintes. Tour d'horizon pratique.

Ce que veut dire « circuit court »

En France, la définition officielle date de 2009 : un circuit court est un mode de vente des produits agricoles soit en direct du producteur au consommateur, soit avec un seul intermédiaire au maximum (un restaurant, une épicerie, un magasin). La définition ne fixe aucune distance. Un fromage vendu par son producteur à 300 kilomètres de chez vous est en circuit court ; un légume francilien passé par un grossiste puis un supermarché ne l'est pas.

C'est pour cela que circuit court et produit local se recoupent sans se confondre. Pour un Parisien, l'idéal est souvent de combiner les deux : un produit d'Île-de-France, acheté à celui qui l'a cultivé ou à un commerçant qui le connaît.

Les AMAP : un panier par semaine, un engagement sur la saison

Les AMAP (associations pour le maintien d'une agriculture paysanne) sont nées en France en 2001, dans le Var, sur le modèle de partenariats existant au Japon et aux États-Unis. Le principe : un groupe de consommateurs s'engage auprès d'un producteur pour une saison, paie à l'avance, et reçoit chaque semaine une part de la récolte.

À Paris, les distributions ont lieu en soirée ou le samedi matin, dans une salle de quartier, un local associatif ou une cour d'école. La plupart des arrondissements en comptent au moins une, souvent plusieurs. Le réseau régional des AMAP tient une liste des groupes existants.

Ce qui plaît : des légumes très frais, un prix stable sur l'année, un lien direct avec le maraîcher, parfois des visites à la ferme.

Ce qui demande de l'organisation : on ne choisit pas le contenu du panier, il faut être présent au créneau (ou se faire remplacer), et l'on mange beaucoup de choux en hiver. Une demi-part, partagée avec un voisin, est un bon moyen de commencer.

Caisses de légumes préparées pour une distribution de paniers : courgettes, oignons et carottes
Préparation des parts avant une distribution : le contenu suit la récolte de la semaine.

Les paniers sans engagement

À côté des AMAP, de nombreuses formules proposent des paniers commandés à la semaine, sans abonnement : sites de producteurs regroupés, épiceries qui servent de point de retrait, plateformes de vente en ligne avec distribution dans un lieu de quartier. La souplesse est plus grande, mais il faut vérifier qui vend vraiment : certaines offres mélangent produits de la ferme et produits achetés en gros. Le bon réflexe est de chercher le nom et l'adresse de l'exploitation, et la part de produits qui en vient.

Les marchés, premier circuit court de Paris

Les marchés alimentaires restent la façon la plus simple d'acheter en direct à Paris. Tous les étals ne sont pas tenus par des producteurs, loin de là : la plupart des commerçants sont des revendeurs, qui s'approvisionnent notamment à Rungis. Mais presque chaque marché compte quelques producteurs, maraîchers, arboriculteurs, éleveurs ou fromagers, et certains, comme les marchés biologiques, en accueillent davantage.

Notre page les marchés de Paris explique comment les repérer, et le calendrier des marchés de Paris indique, jour par jour, les horaires d'une sélection de marchés où l'on en trouve.

Panier de carottes et de tomates tenu au-dessus d'un billot de bois
Un panier de fin d'été : carottes et tomates de plein champ.

Les magasins de producteurs

Un magasin de producteurs est une boutique tenue collectivement par des agriculteurs, qui y vendent leurs propres produits et assurent eux-mêmes la vente à tour de rôle. Il en existe plusieurs en Île-de-France, surtout en grande couronne, souvent ouverts du mercredi au samedi. L'offre est large (légumes, fruits, viande, œufs, fromages, pain, miel) et l'on peut tout acheter en une fois, ce qui en fait une bonne étape pour un plein de courses mensuel en voiture.

La vente à la ferme et la cueillette

Beaucoup de fermes franciliennes vendent directement sur place, certains jours de la semaine. Les cueillettes, où l'on ramasse soi-même fruits, légumes et fleurs, sont une sortie appréciée des familles de mai à octobre ; plusieurs sont accessibles en transports en commun depuis Paris, en RER ou en train de banlieue, suivis d'un peu de marche. Les prix au kilo sont généralement plus bas qu'au marché, en échange du travail de cueillette.

Avant de partir, il vaut mieux vérifier les jours d'ouverture et ce qui est à cueillir : un week-end de pluie ou la fin d'une variété peuvent changer le programme.

Cagettes de pommes posées dans l'allée d'un verger à l'automne
En septembre et en octobre, beaucoup de vergers d'Île-de-France ouvrent leur cueillette.

Les commerces de quartier

Une épicerie, un fromager ou un primeur qui achète directement à quelques fermes forme lui aussi un circuit court : il n'y a qu'un intermédiaire. À Paris, c'est souvent la solution la plus pratique pour qui ne peut pas aller au marché le matin. Nous avons consacré une fiche à ces adresses : au-delà du marché, épiceries et boutiques spécialisées.

Comparer les formules

FormuleEngagementChoix des produitsQuand
AMAPSaison payée d'avanceAucun, panier imposéUn créneau fixe par semaine
Panier sans abonnementÀ la semaineLimitéRetrait dans un point de quartier
MarchéAucunLargeMatinées, selon le marché
Magasin de producteursAucunTrès largeQuelques jours par semaine
Cueillette, vente à la fermeAucunSelon la saisonSurtout le week-end
Commerce de quartierAucunVariableHoraires de boutique

Aucune formule n'est meilleure que les autres dans l'absolu. La plus durable est celle qui tient dans votre semaine.